Etrangère : parfois une jolie malédiction. Ce statut que j'ai adopté comme un mdoe de vie va de pair avec un sentiment de ne pas être à sa place, une absence d'appartenance qui vous différencie des autres. Il me semble que seuls ceux qui ont vécu déracinés loin de leurs racines et de leur terre de culture peuvent comprendre cette légère mélancolie de l'éloignement. Malgré les efforts pour saisir et faire sien tous les mots de son entourage, pour saisir les nuances d'une culture qui, puisqu'acquise, sera toujours incomplète, l'étranger au sein d'un groupe frôle par sa nature la marginalité. Une blague que l'on ne comprend pas peut-être, un éclat de rire que l'on a raté, une référence à cette enfance que tous ont partagé.
En espagnol, je manque de sens de l'humour : si je comprend les joutes qui s'arment autour des mots, les outils de mon language ne sont pas assez affinés pour m'y insérer. Bien souvent, je reste légèrement en retrait, souriant seulement quand les autres rient aux éclats. Pas ma place ici, me dis-je.
La solitude me gratte et me pique quand je suis tue au milieu d'un groupe bavard, une distanciation progressive se produit, je les regarde depuis mon siège dans le public, et j'ai envie de partir comme on éteindrait une télévision.
Parfois, je me reproche ces silences prolongés, qui, s'ils ne me gênent pas, seront interprêtés de façon distordue. Je me force à participer à cette sociabilité par l'humour, mais je me trouve devant des échanges que je peux alimenter : ces petits systèmes discoursifs, basés sur l'humour, fonctionnent sans mon apport, et j'ai l'impression que mon engrenage ferait dérailler la machine à divertissement. Alors je mime l'amusement, prenant exemple sur les autres convives, jusqu'à me retirer avec force de baillements justificateurs. Même si je crains que ces retraits trop tôts venus soient durement jugés, je fuis ce sentiment d'extériorité perpétuel, et je m'en vais sentir tranquillement ma solitude ailleurs, faisant enfin correspondre la situation avec la sensation.
samedi 25 octobre 2008
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3 commentaires:
Joli message! Tous ceux qui ont voyagé se seront reconnus dans ces instants de malaise dans la culture si particuliers. Personnellement je suis le trajet inverse au tien: j'ai l'impression d'avoir été toujours étranger, et j'aimerais me poser un peu pour voir...haha
bonjour marion
j'aime bcp tes 2 blogs
je m'installe à buenos aires dans 2 mois, cela m'intéresserait de te rencontrer là bas
fannydumond@hotmail.com
Hola hola etrangere¡
je vois que tu continues ton projet. Il ya de belles photos et des interviews de plus en plus grand ¡ malheureusement pour moi qui ne comprend peut ètre pas toutes les nuances des mots anglais ¡ mais j'aime ce que je vois ¡
je peux dire..:
alors ces cours de photos se trouve bien concretises¡¡
see you soon -un beso
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